Les oiseaux d’Afrique de l’Ouest
Guide de terrain · Casamance
Les oiseaux d'Afrique de l'Ouest, observés en Casamance
Cette page rassemble les espèces que je photographie et fais découvrir en Casamance depuis vingt-six ans, famille par famille.
La Casamance figure parmi les régions les plus riches d'Afrique de l'Ouest pour l'observation des oiseaux. La raison tient à sa géographie : sur quelques dizaines de kilomètres se succèdent la mangrove et ses bolongs, la forêt dense, la savane arborée, les rizières et le littoral. Chaque milieu apporte son cortège d'espèces, et l'on passe de l'un à l'autre en une matinée.
Je présente ici les familles une à une, en commençant par les plus colorées. Chaque espèce est photographiée sur le terrain, sur les sites que nous parcourons pendant les séjours : la mangrove de Kassel, le lac de Sitokoto, l'aire marine d'Abéné, les lisières de la forêt de Kafountine. D'autres familles s'ajouteront au fil des saisons.
Ouvrage de référence
Pour la nomenclature et l'identification, je m'appuie sur le guide des oiseaux de l'Afrique de l'Ouest de Nik Borrow et Ron Demey, chez Delachaux et Niestlé. C'est l'ouvrage à emporter — aucun autre ne couvre la région avec ce niveau de détail.
Deux séjours organisés chez nous ont fait l'objet d'articles de presse ornithologique : l'un dans L'Oiseau Magazine, l'autre dans L'Épeichette. Les deux sont consultables ci-dessous, et donnent une idée concrète du déroulement d'une semaine sur le terrain.
Commençons par les familles les plus colorées.
Afrique de l'Ouest · Casamance
Les souimangas
Neuf espèces fréquentent la Casamance. Ce sont les équivalents africains des colibris, à cette différence près : ils ne font pas de vol stationnaire. Ils se posent pour butiner — c'est ce qui les rend photographiables.
Le meilleur moment se situe en janvier et février, quand le Bombax costatum fleurit. Un seul arbre en fleurs peut attirer plusieurs espèces en même temps, à quelques mètres de vous.

01
Souimanga éclatant
Cinnyris coccinigastrus
Le plus grand des souimangas de la région, et sans doute le plus spectaculaire. Calotte violette, dos vert métallique, poitrine écarlate : trois couleurs qui changent selon l'angle de la lumière.
Mâle · Toute l'année

02
Souimanga à poitrine rouge
Chalcomitra senegalensis
Corps brun sombre, poitrine rouge sang, front et menton vert émeraude. Il fréquente volontiers les arbustes en fleurs et se laisse approcher plus que les autres.
Mâle · Savane et lisières

03
Souimanga à longue queue
Cinnyris pulchellus
Vert brillant sur tout le corps, avec une bande pectorale rouge et deux longues rectrices centrales qui doublent presque sa taille. Le mâle perd cette queue hors période nuptiale.
Mâle · Plumage nuptial

04
Souimanga cuivré
Cinnyris cupreus
Presque noir dans l'ombre, cuivre et pourpre dès que la lumière l'atteint. C'est une espèce qui ne se photographie vraiment qu'en lumière rasante, tôt le matin ou en fin de journée.
Mâle · Lumière rasante

05
Souimanga à ventre jaune
Cinnyris venustus
Tête vert métallique, étroite bande violette sur la poitrine, ventre clair. Un habitué des acacias en fleurs, où il passe de grappe en grappe sans rester en place.
Mâle · Acacias en fleurs

06
Souimanga à tête verte
Cyanomitra verticalis
Tête et gorge vert-bleu métallique tranchant sur un corps jaune olive. Son bec, plus long et plus courbé que celui de ses cousins, se remarque immédiatement.
Mâle · Jardins et lisières

07
Souimanga pygmée
Hedydipna platura
Le plus petit de la famille, et pourtant celui qui porte la plus longue queue : une fine rectrice noire qui dépasse largement le corps. Dos vert, ventre jaune vif.
Mâle · Migrateur intra-africain

08
Souimanga violet, femelle
Anthreptes longuemarei
Rien à voir avec le mâle et son dos violet métallique. La femelle est grise et blanche, lavée de jaune sur le ventre, avec un net sourcil clair. Un rappel utile : chez les souimangas, l'identification des femelles demande plus d'attention que celle des mâles.
Femelle · Dimorphisme marqué

09
Souimanga brun
Anthreptes gabonicus
Le discret de la famille : aucun reflet métallique, un plumage brun et crème, un sourcil blanc bien marqué. On le trouve surtout en mangrove, où il remplace ses cousins colorés.
Mangrove et palétuviers
Observer les souimangas en Casamance
Les neuf espèces sont visibles toute l'année autour du lodge, mais janvier et février restent la meilleure fenêtre : c'est la floraison des faux kapokiers, qui rassemble un nombre considérable d'oiseaux sur un même arbre. Les mâles portent alors leur plumage nuptial complet, et la lumière du matin fait ressortir les iridescences.
Un mot pour les photographes. Les souimangas comptent parmi les oiseaux les plus accessibles de cette page : ils s'approchent sans difficulté particulière, et se laissent souvent observer à quelques mètres seulement. La difficulté n'est pas la distance mais l'angle — leurs couleurs n'existent que sous une incidence précise, et le même oiseau paraîtra noir ou éclatant selon l'endroit d'où vous le regardez. Tournez autour de la lumière plutôt que de vous rapprocher.
Afrique de l'Ouest · Casamance
Les martins
Neuf espèces en Casamance, réparties en deux groupes que l'on confond souvent. Les martins-pêcheurs vivent près de l'eau et plongent pour attraper poissons et crustacés. Les martins-chasseurs, eux, chassent à terre insectes et petits reptiles, et s'éloignent volontiers des berges.
La mangrove et les bolongs concentrent les premiers. Les seconds se rencontrent partout, jusque dans le jardin du lodge.
Les martins-pêcheurs
Cinq espèces liées à l'eau. Toutes chassent en plongeant depuis un perchoir ou, pour le pie, en vol stationnaire.

01
Martin-pêcheur azuré
Alcedo quadribrachys
Le plus difficile des neuf. On le donne souvent inféodé aux cours d'eau forestiers, mais je l'observe aussi en mangrove — tout proche de l'embarcadère de Kassel. Il reste immobile de longues minutes, ce qui le rend aussi discret que spectaculaire. Bleu outremer dessus, orange vif dessous, bec entièrement noir.
Mangrove de Kassel · Cours d'eau forestiers

02
Martin-pêcheur géant
Megaceryle maxima
Le plus grand martin-pêcheur d'Afrique, presque la taille d'une corneille. Plumage moucheté noir et blanc, huppe ébouriffée, poitrine rousse chez le mâle. Il signale souvent sa présence par un cri sec avant qu'on ne le voie. Il se nourrit principalement de poissons, mais sa taille lui ouvre un menu plus large : je l'ai observé s'attaquer à de grosses punaises d'eau dans la carrière de sable inondée, tout près du lodge.
Mangrove et bolongs

03
Martin-pêcheur huppé
Corythornis cristatus
Une boule de couleur de treize centimètres. Calotte bleu cobalt finement barrée, dos violet-bleu, ventre orange, bec rouge corail. C'est le plus fréquemment observé du groupe, sur les branches basses au-dessus de l'eau. Il recherche surtout des naucores, ces punaises d'eau plates et ovales d'un ou deux centimètres qui font penser à de minuscules blattes. En saison sèche, quand les points d'eau douce disparaissent, il se reporte sur la mangrove.
Eau douce · Mangrove en saison sèche

04
Martin-pêcheur pygmée
Ispidina picta
Encore plus petit que le huppé, et souvent loin de l'eau : il chasse volontiers les insectes en lisière de forêt. On le reconnaît à la tache violette derrière l'œil et à ses joues entièrement rousses.
Lisières et sous-bois

05
Martin-pêcheur pie
Ceryle rudis
Le seul du groupe entièrement noir et blanc, et le seul à pratiquer le vol stationnaire au-dessus de l'eau avant de plonger. Ce comportement le rend facile à repérer de loin, y compris en pleine mangrove.
Vol stationnaire · Mangrove
Les martins-chasseurs
Quatre espèces terrestres, au bec rouge ou bicolore. Elles chassent depuis un perchoir bas et fondent au sol sur leur proie.

06
Martin-chasseur à poitrine bleue
Halcyon malimbica
Le plus grand des quatre. Poitrine bleu turquoise, épaules noires, bec rouge et noir. Il fréquente les zones boisées humides et se tient souvent immobile en hauteur, ce qui facilite l'approche. Comme les autres grands martins-chasseurs, il se contente le plus souvent d'insectes, mais ne dédaigne ni les batraciens ni les petits lézards.
Forêt humide et lisières

07
Martin-chasseur à tête grise
Halcyon leucocephala
Tête gris pâle, ventre châtain, bec orange vif d'un seul tenant, ailes noires et bleues visibles en vol. C'est un migrateur intra-africain : sa présence varie selon la saison des pluies.
Migrateur intra-africain

08
Martin-chasseur du Sénégal
Halcyon senegalensis
Bec bicolore, rouge dessus et noir dessous — le détail qui le sépare du précédent. Tête et poitrine gris clair, ailes bleu vif barrées de noir. Son régime ne se limite pas aux insectes : il capture aussi de petits vertébrés, comme cette grenouille.
Savane boisée et jardins

09
Martin-chasseur strié
Halcyon chelicuti
Le plus petit et le plus discret. Calotte et poitrine finement striées de brun, bec rouge et noir. Sans couleurs vives pour le trahir, on le repère surtout à son chant répétitif, lancé depuis un perchoir dégagé. Je le trouve en savane sèche et dans les rizières arborées d'acacias.
Savane sèche · Rizières à acacias
Observer les martins en Casamance
Les cinq martins-pêcheurs se rencontrent en sortie bateau dans les bolongs, ou depuis les affûts installés au bord de l'eau. Les martins-chasseurs, eux, se voient en brousse, dès les abords du lodge et le long des pistes.
Un mot pour les photographes. Aucune des neuf espèces n'est particulièrement farouche, mais aucune ne se laisse approcher n'importe comment. Ce sont des oiseaux d'affût, immobiles de longues minutes puis brusquement partis : c'est le mouvement qui les fait fuir, pas la distance. Approchez lentement, sans geste vertical, et laissez-leur le temps de vous ranger dans le décor. Le Martin-pêcheur azuré est le plus exigeant du groupe et demande une vraie patience ; le huppé et le pie, les plus tolérants.
Afrique de l'Ouest · Casamance
Les guêpiers
Huit espèces entre la Casamance et la Gambie voisine. Toutes chassent de la même façon : postées sur un perchoir dégagé, elles fondent sur l'insecte en vol puis reviennent au même endroit l'assommer contre la branche. Ce retour au perchoir les rend prévisibles — c'est ce qui permet de les photographier en action.
Leur nom prête à confusion. Chez nous, leur menu se compose surtout d'abeilles, de papillons et de libellules ; les guêpes n'y tiennent qu'une place marginale.

01
Guêpier écarlate
Merops nubicus
Le plus spectaculaire de la famille, carmin sur tout le corps avec un croupion bleu ciel. Je l'observe de décembre à février-mars, le long de la frontière gambienne du côté de Niafarang, et parfois en mangrove quand des individus se dispersent. Il vient aussi s'abreuver à l'aérodrome d'Abéné, où l'affût donne de belles occasions.
Décembre – mars · Niafarang, aérodrome d'Abéné

02
Guêpier à queue d'aronde
Merops hirundineus
Reconnaissable entre tous à sa queue fourchue bleu vif, d'où son nom. Vert dessus, gorge jaune bordée d'un collier bleu. On le trouve dans les bois d'Abéné et de Kafountine, souvent en petits groupes sur une même branche morte. Toujours majestueux.
Bois d'Abéné et de Kafountine

03
Guêpier à gorge rouge
Merops bulocki
Ailes vertes, poitrine fauve et gorge écarlate. Il s'observe surtout côté gambien, lors des séjours combinés Gambie-Casamance, où de grandes colonies creusent leurs terriers dans les parois des carrières de sable. Mieux vaut éviter les mois de saison des pluies, pendant lesquels il se fait nettement plus rare.
Gambie · Hors saison des pluies

04
Guêpier de Perse
Merops persicus
Vert franc, masque noir souligné de turquoise, gorge châtain et longues rectrices centrales effilées. Je le rencontre surtout en mangrove, avec de belles colonies dans nos îles Karone — c'est là qu'on l'observe dans les meilleures conditions, depuis le bateau.
Mangrove · Colonies des îles Karone

05
Guêpier à gorge blanche
Merops albicollis
Gorge blanche nette encadrée de deux bandeaux noirs, longue queue filiforme. C'est un migrateur : je l'observe à Kabiline, et lors de nos déplacements vers la Pointe Saint-Georges où une belle colonie s'installe en hiver.
Migrateur · Kabiline, Pointe Saint-Georges

06
Guêpier vert
Merops viridissimus
Vert éclatant de la tête à la queue, avec un fin trait bleu sous l'œil et deux rectrices centrales très allongées. Comme le gorge rouge, il se rencontre principalement côté gambien pendant les séjours combinés, en colonies parfois importantes.
Gambie · Hors saison des pluies

07
Guêpier nain
Merops pusillus
Le plus petit des huit, à peine plus grand qu'un moineau. Gorge jaune soulignée d'un croissant châtain, œil rouge vif. On le voit le plus souvent dans les herbes sèches et les petits arbustes, non loin des rizières, où il chasse à faible hauteur.
Herbes sèches · Abords des rizières

08
Guêpier d'Europe
Merops apiaster
Le seul de la famille que les visiteurs européens connaissent déjà : c'est l'oiseau qui niche en France et en Espagne, et qui vient passer l'hiver chez nous. Dos marron et or, gorge jaune soulignée de noir, ventre turquoise. On l'entend souvent avant de le voir, à son roulement liquide lancé en vol. Je le rencontre surtout en forêt de Kafountine, et parfois en mangrove, où il partage les mêmes perchoirs que le Guêpier de Perse.
Hivernant · Forêt de Kafountine, mangrove
Observer les guêpiers en Casamance et en Gambie
Cinq espèces s'observent depuis le lodge et ses environs : le queue d'aronde dans les bois, le nain près des rizières, le de Perse en mangrove, le gorge blanche et celui d'Europe en hiver. Les deux espèces gambiennes et l'écarlate demandent un déplacement — ce que couvre le circuit combiné.
Un mot pour les photographes. Les guêpiers sont, de toutes les familles de cette page, les plus faciles à travailler. Le Guêpier de Perse se photographie à quelques mètres depuis le bateau, sans manifester la moindre inquiétude ; le nain nous tolère tout aussi bien. Leur habitude de revenir au même perchoir après chaque capture fait le reste : une fois le poste repéré, vous pouvez vous installer et attendre.
Une exception, et elle est parlante : le Guêpier d'Europe, hivernant venu du nord, se montre nettement plus méfiant que ses cousins africains. J'y vois l'effet d'une pression humaine plus ancienne sur ses zones de nidification — une distance de fuite inscrite dans son comportement, qu'il emporte avec lui jusqu'ici.
Afrique de l'Ouest · Casamance
Les rolliers
Quatre espèces, dont trois seulement portent vraiment ce nom. Les trois rolliers du genre Coracias chassent à l'affût depuis un perchoir dégagé et fondent au sol sur leur proie. Le Rolle violet, lui, appartient à un autre genre et chasse en vol, à la manière d'un martinet.
Les trois premiers fréquentent les milieux ouverts : lisières de forêt, savane, rizières. Posés, ils paraissent ternes ; c'est en vol que les ailes s'ouvrent sur des bleus qu'aucune photo au repos ne laisse deviner. D'où les deux vues pour chaque espèce.


01
Rollier à ventre bleu
Coracias cyanogaster
Tête et poitrine crème, ventre bleu nuit, longues rectrices effilées. Posé, il se remarque surtout à son contraste clair-sombre. En vol, les ailes s'ouvrent sur trois bleus superposés — outremer, cobalt, turquoise —, et c'est un tout autre oiseau. Il fréquente les lisières de forêt et les grands arbres isolés.
Sur cette image, il emporte une graine de palme — celle du palmier à huile, l'arbre que l'on saigne ici pour le vin de palme. Le fait mérite d'être noté : plusieurs espèces réputées insectivores s'en nourrissent chez nous, signe que ce fruit est particulièrement nourrissant.
Lisières et savane boisée


02
Rollier d'Abyssinie
Coracias abyssinicus
Le plus répandu des quatre, et le plus facile à identifier : deux longues rectrices filiformes dépassent nettement de la queue. Tête et poitrine turquoise, dos fauve. Il se poste en évidence sur un piquet ou une branche morte, ce qui en fait un excellent sujet en lumière rasante.
Savane et rizières · Toute l'année


03
Rollier varié
Coracias naevius
Le plus discret de couleur : roux finement strié de blanc, avec un sourcil et une nuque crème. Les bleus restent cachés sous l'aile jusqu'à l'envol. Il a une nette préférence pour les fils électriques — on en voit davantage le long des routes qu'en brousse, ce qui en fait souvent le premier rollier du séjour.
Fils électriques · Bords de routes


04
Rolle violet
Eurystomus glaucurus
Un autre genre, et un tout autre comportement. Plumage lie-de-vin, bec jaune vif et court, silhouette trapue. Il préfère les milieux plus boisés que ses cousins et chasse les insectes en plein vol, sans revenir se poser entre deux captures.
À partir de dix-sept heures, on en observe des dizaines en chasse au-dessus du lodge, et cela toute l'année. C'est le spectacle de fin de journée à Abéné, visible depuis la terrasse.
Au-dessus du lodge · Dès 17 h, toute l'année
Observer les rolliers en Casamance
Les trois Coracias demandent des milieux ouverts : la route de Kassel, les rizières de Kabiline et les lisières de la forêt de Kafountine les donnent régulièrement. Le Rolle violet, lui, ne demande aucun déplacement — il suffit de lever les yeux depuis le lodge en fin d'après-midi.
Un mot pour les photographes. Les quatre espèces ne se laissent pas approcher de la même façon. Le Rollier d'Abyssinie et le Rolle violet sont peu farouches et tolèrent une approche à distance raisonnable. Le Rollier à ventre bleu et le Rollier varié, en revanche, s'envolent bien plus tôt : avec eux, il faut de la patience, une progression lente et souvent l'usage du véhicule comme affût.
Afrique de l'Ouest · Casamance
Les touracos
Trois espèces en Casamance, et une famille strictement africaine. Les touracos ont une particularité que personne d'autre ne partage : leurs pigments leur appartiennent en propre. Le rouge des ailes et le vert du plumage viennent de deux composés à base de cuivre, la turacine et la turacoverdine, qu'on ne trouve chez aucun autre oiseau au monde. Partout ailleurs, le vert résulte d'un effet d'optique ; chez eux, il est réellement dans la plume.
Ce sont des oiseaux de canopée, frugivores, qui se déplacent en courant le long des branches plus qu'en volant. On les entend presque toujours avant de les voir.


01
Touraco violet
Musophaga violacea
Le plus spectaculaire des trois. Plumage bleu-violet profond, calotte rouge carmin, écusson frontal jaune vif et bec rouge corail. En vol, les rémiges s'ouvrent sur un rouge éclatant que rien ne laisse deviner quand l'oiseau est posé.
Il fréquente les grands arbres fruitiers et la forêt-galerie. Voir un couple posé côte à côte reste un moment rare : ils se déplacent presque toujours en décalé, l'un suivant l'autre de branche en branche.
Forêt d'Abéné · Grands fruitiers


02
Touraco vert
Tauraco persa
Vert tendre sur tout le corps, huppe pointue liserée de blanc, cercle oculaire rouge vif souligné d'un trait blanc. C'est l'espèce forestière par excellence, celle de Kafountine et des lisières denses.
Les deux images disent tout de la difficulté : posé, il se confond avec le feuillage au point de disparaître à trois mètres. En vol, il devient l'un des plus beaux oiseaux d'Afrique de l'Ouest.
Forêt de Kafountine · Canopée


03
Touraco gris
Crinifer piscator
Le seul de la famille à ne porter aucune couleur : gris cendré finement strié, longue queue noire, gros bec jaune citron. Il compense par la voix — un braiement nasillard qu'on entend à des centaines de mètres.
C'est aussi le plus commun et le plus tolérant. On le trouve partout, jusque dans les villages et autour du lodge, souvent perché bien en vue au sommet d'un arbre.
Partout · Villages, savane, lisières
Observer les touracos en Casamance
Les trois espèces se rencontrent toute l'année. Le gris se voit sans effort particulier ; le vert et le violet demandent d'aller les chercher en forêt, à Abéné ou à Kafountine.
Un mot pour les photographes. Si le Touraco gris se laisse assez facilement mettre en image, ce n'est pas le cas de ses deux cousins : le violet et le vert sont instables et imprévisibles, toujours en mouvement dans la canopée — ce qui fait justement le charme de la photo réussie. Pour les saisir, privilégiez les premières heures du jour, quand ils sont les plus actifs. C'est aussi le meilleur moment pour les localiser : ils se mettent alors à chanter, et leur cri est de ceux qu'on ne confond avec rien d'autre.