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Bird watching au Sénégal : quel mois choisir pour observer le maximum d'espèces ?

Par Patrick Tourneur — Guide ornithologie, ATLANTIC Abéné, Casamance

C’était début novembre. Je conduisais un groupe de six ornithologues belges en lisière de forêt dans notre village d’Abéné quand l’un d’eux s’est arrêté net au milieu du chemin. Devant nous, un guêpier de Perse venait de se poser sur une branche sèche à trois mètres. Personne n’avait dit un mot depuis dix minutes — les jumelles vissées sur les yeux, les carnets déjà ouverts.

Ce matin-là, on a comptabilisé 74 espèces avant le déjeuner.

Alors, y a-t-il vraiment un « bon moment » pour faire du bird watching au Sénégal ? Oui — et non. Chaque mois a sa logique, ses espèces, ses conditions. Ce que vous allez observer en octobre n’a rien à voir avec ce que vous verrez en mars. Ce guide vous donne le calendrier réel, mois par mois, tel que je le vis sur le terrain depuis 26 ans.

Les deux saisons qui structurent l'ornithologie au Sénégal

Saison sèche (novembre–mai) : le paradoxe de l'abondance

La saison sèche, c’est le moment où le Sénégal devient une destination ornithologique majeure. Les migrateurs paléarctiques — ceux qui nichent en Europe et en Asie centrale — descendent hiverner ici. Sur l’ensemble du couloir Gambie-Casamance, le cumul peut dépasser 500 espèces selon les années.

Le paradoxe : moins d’eau signifie plus d’oiseaux visibles. La végétation se dégarnit, les bolongs et mares résiduelles concentrent les limicoles, hérons et anatidés sur des zones réduites. Vous passez moins de temps à chercher, plus de temps à observer.

La lumière aussi change. Les matinées de saison sèche ont une qualité dorée que les photographes nature connaissent bien. Entre 7h et 9h, les conditions sont rarement mauvaises.

Saison humide (juin–début octobre) : les nicheurs en plumage nuptial

C’est une autre catégorie d’expérience. La végétation devient dense, l’observation plus difficile. En revanche, les résidents sont en pleine activité reproductrice : plumages nuptiaux complets, chants territoriaux, comportements de nidification que vous ne verrez qu’en cette période.

Les souimangas en parade, les tisserins en colonie, les éuplectes aux couleurs flamboyantes ou encore les veuves dominicaines — si ce sont vos cibles prioritaires, la saison humide a ses arguments.

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ATLANTIC ouvre quelques créneaux en juin-juillet pour les ornithologues qui savent ce qu'ils cherchent. Les tarifs sont réduits et la pression touristique quasi nulle.

Calendrier mois par mois

Octobre–Novembre : l'arrivée des migrateurs

Le signal de départ, c’est l’arrivée des premiers limicoles en provenance du Paléarctique. Bécassines des marais, pluviers dorés, bécasseaux variables — ils se posent dans les rizières et sur les vasières de la mangrove. C’est aussi les dernières occasions d’observer quelques plumages nuptiaux, en tout cas jusqu’à la mi-novembre au maximum.

En cette période automnale, la Casamance est couverte d’un manteau vert somptueux. De nombreux voyageurs comparent ce paysage avec ceux que l’on trouve en Asie du Sud-Est, les rizières pleines d’oiseaux de toutes sortes. Sur le circuit Gambie-Casamance, le guêpier vert (Merops viridis) et le guêpier à gorge rouge (Merops bulocki) s’observent régulièrement en colonies — une occasion de réaliser des clichés très colorés.

La végétation est encore haute en début de saison. Le bucorve d’Abyssinie (Bucorvus abyssinicus) ou les grues couronnées, espèces difficiles à approcher en saison sèche avancée, se laissent observer plus facilement dans les zones à herbes hautes.

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Les circuits Gambie-Casamance démarrent dès octobre. Comptez 935 € par personne en formule tout compris sur 12 jours.

Décembre–Janvier : haute saison, conditions optimales

Décembre et janvier, c’est le pic. Les effectifs migrateurs sont au maximum. La végétation est sèche, les galeries forestières dégagées — la visibilité dans les sous-bois atteint ce qu’elle n’atteint jamais en saison humide.

Espèces à cibler en priorité :

  • Onoré à huppe blanche (Tigriornis leucolophus) — berges des marigots, actif tôt le matin
  • Pluvian fluviatile (Pluvianus aegyptius) — bancs de sable, espèce que vous ne verrez guère en Europe
  • Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) — embouchures et bolongs, souvent visible depuis la rive
  • Pygargue vocifer (Haliaeetus vocifer) — en vol au-dessus des bolongs, cri caractéristique
  • Martin-pêcheur à poitrine bleue (Alcedo quadribrachys) — berges ombragées, décrochage rapide, à chercher tôt

La lumière de décembre-janvier est idéale pour la photographie. Les heures dorées s’étirent. Les oiseaux sont moins stressés qu’en période de nidification — vous pouvez vous approcher.

C’est la période que je recommande aux ornithologues qui font leur premier séjour ici. La biodiversité est maximale et les conditions restent agréables — les nuits sont fraîches, les matinées claires.

Ce qu’il faut également noter, c’est qu’à cette période de l’année un arbre va rassembler une multitude d’oiseaux d’espèces différentes. En effet, le faux kapokier en fleur — pendant quelques semaines seulement — vous permettra de réaliser des clichés uniques.

Souimangas de toutes sortes, loriot doré, perroquets youyou, touracos : tous viennent se délecter du nectar de ces grandes fleurs colorées.

Une information pratique : c’est la période la plus demandée. Si vous envisagez décembre ou janvier, prenez vos dates au moins 4 à 6 mois à l’avance.

Février–Mars : idéal pour un affût photographique au bord d'une mare

À Abéné, nous avons des mares dites d’hivernage très fréquentées à cette époque de l’année. Le niveau d’eau des mares est un facteur essentiel pour rassembler les oiseaux d’eau. Canard dendrocygne veuf, oie armée de Gambie, limicoles, ardéidés divers dont l’aigrette ardoisée — qui nous offre un spectacle remarquable avec sa technique de pêche si particulière en parasol. Et que dire des bains de balbuzards pêcheurs à quelques mètres de vos objectifs… Sans oublier la rhynchée peinte, si convoitée.

Février-mars est aussi une excellente période pour les photographes, grâce à nos affûts mobiles et aux distances d’approche raisonnables lors de nos balades ornithologiques.

Avril–Mai : l'arrivée des migrateurs intra-africains

Les migrateurs paléarctiques remontent vers le nord. Vous avez une fenêtre courte — environ trois semaines en avril — pour observer les retardataires. Certaines espèces ne sont visibles que lors de ce passage de printemps : quelques laridés, quelques limicoles en plumage nuptial complet qui ne font que transiter.

Mais le véritable atout de cette période reste de loin l’arrivée des migrateurs intra-africains. Quel plaisir pour les yeux de croiser le spreo améthyste, aux couleurs vraiment somptueuses. Les grands coucous sont de retour également — on peut entendre les cris du coucou de Levaillant résonner autour de notre établissement.

Moins de monde aussi. Je suis plus disponible, les groupes sont plus petits, et il m’arrive d’adapter le programme selon les opportunités de la veille. Si vous êtes flexible sur vos objectifs, avril peut réserver des surprises.

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Dernier mois de saison sèche. Les créneaux de mai se remplissent vite.

Juin–Juillet–Août et septembre : basse saison pour ornithologues avertis

Nous entrons désormais dans la saison des pluies. La végétation est dense et les déplacements en terrain humide demandent plus d’énergie. Prévoyez un équipement adapté : bottes et protection contre les averses.

Cela dit, cette période a ses espèces. Comme évoqué plus haut, les nicheurs sont en pleine activité reproductrice — comportements que vous ne verrez pas en saison sèche. Le gonolek soufré (Laniarius barbarus) en parade, les martins-chasseurs en vol nuptial, les rolliers qui occupent les cavités des grands arbres, et bien sûr des plumages nuptiaux qui donnent un tout autre regard sur ce que peut être un séjour ornithologique au Sénégal.

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ATLANTIC propose quelques séjours de juin à début août à tarif réduit. Pour les ornithologues qui ont déjà fait la liste de saison sèche et cherchent autre chose — c'est une option à considérer.

À noter que les précipitations les plus importantes ont lieu en août et septembre. En général, les orages se déclenchent la nuit. À mi-août et courant septembre, il peut y avoir des journées de pluies continues, ce qui peut nous obliger à reporter un programme.

Gambie + Casamance : pourquoi les deux ensemble ?

La Gambie est enclavée dans le Sénégal. Géographiquement, les combiner dans un même circuit ne demande pas un grand détour. Ornithologiquement, c’est une autre affaire.

La Gambie dispose de réserves bien documentées — Abuko Nature Reserve, Tanji Bird Reserve, Kartong Observatory — avec des listes d’espèces tenues depuis des décennies. La Casamance offre un accès terrain que ces réserves structurées ne donnent pas : rivière Bliss, embouchure Kabadio, AMP d’Abéné, réserve de Kassel, sites que je fréquente depuis 26 ans et que je ne montre pas à tout le monde.

Les deux écosystèmes sont complémentaires. La Gambie pour les zones humides et les oiseaux de lisière bien répertoriés. La Casamance pour la forêt dense, les bolongs, et les espèces moins attendues.

Sur 15 jours de circuit combiné, 200 à 250 espèces sont réalistes selon la saison.

Ce que comprend un séjour ornitho avec ATLANTIC

Sur le terrain

Les sorties démarrent tôt — entre 7h et 7h30 selon la saison. Les meilleures heures ne se discutent pas. Un programme est établi à l’avance, mais je peux le modifier la veille en tenant compte des marées, du vent, et de ce que le groupe a déjà vu ou souhaite voir. Il faut rester souple pour ne pas rater d’éventuelles opportunités de terrain.

Les sites sont adaptés aux objectifs : je cherche avant tout à vous faire découvrir un maximum d’espèces, tout en prenant le temps d’observer et d’apprécier ce que la nature veut bien nous offrir. Durant une semaine d’observations, nous parcourons divers habitats : mangrove, rizières, forêts, savanes, plans d’eau douce — ce qui nous permettra de rencontrer de nombreuses espèces.

Entre les sorties : temps libre au lodge, ou excursions complémentaires en pirogue dans la mangrove, aux îles Karones, ou dans les villages diola selon les intérêts du groupe.

Infos pratiques

Arrivée : par Banjul (Gambie) pour le circuit combiné. Vol du soir ? Je travaille avec un prestataire local pour l’hébergement sur place. Le lendemain matin, après le petit-déjeuner, mon chauffeur vient vous chercher.

Visa : pas de visa pour les ressortissants français et belges au Sénégal. En Gambie, pas de visa non plus, mais une taxe de 20 € à l’arrivée et au départ.

Vous trouverez toutes les informations complémentaires dans notre FAQ séjour ornithologie en Casamance.

En résumé

Il n’y a pas de mauvaise saison pour l’ornithologie au Sénégal. Il y a des saisons différentes, avec des espèces différentes et des conditions différentes.

Si c’est votre premier séjour et que vous voulez maximiser votre liste, visez novembre à mars. Si vous travaillez les nicheurs et les comportements reproducteurs, juin à mi-août est la meilleure fenêtre. Si vous connaissez déjà la zone et cherchez autre chose, avril-mai a quelque chose à donner.

La meilleure période reste celle pour laquelle vous avez des dates disponibles. On peut travailler à partir de là.

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→ Voir les disponibilités et demander un devis ornitho Questions ? WhatsApp : +221 77 578 75 60 — atlanticabene.com
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